Aborder le thème de la fin de vie dans un Etablissement d’Hébergement des Personnes Âgées Dépendantes semble être délicat. De toute évidence, c’est un sujet qu’il est souvent difficile à aborder. Jusqu'à la fin de sa vie, une personne a des projets : faire ce qu'elle n'a jamais fait, dire ce qu'elle n'a jamais dit, dire au revoir ses enfants, leur écrire, ne pas souffrir, être entourée…

Pourquoi cela fait-il peur ? Comment le personnel soignant et les équipes dirigeantes de ces maisons de retraite médicalisées abordent-ils le sujet ? Comment les familles et les équipes soignantes sont-elles préparées à l’inévitable ? Le corps médical, les autorités de santé, les psychologues et l'ensemble des équipes soignantes mettent tout en œuvre pour apporter des réponses à ces problématiques et améliorer les conditions de vie au quotidien des résidents.

Rappelons et précisons qu'en plus des hôpitaux et des maisons de retraite, les EHPAD sont des maisons de retraites spécialisées et médicalisées pour les personnes ayant subi une perte d’autonomie physique et / ou mentale. Une équipe médicale est présente en continu sur les lieux afin déporter assistance aux résidents.

L'objet d'un Ehpad est d'accueillir des personnes âgées en fin de vie. En moyenne, l’âge des résidents varie de 77 à 94 ans, avec un âge médian à 85,5 ans. Les personnes qui entrent dans un EHPAD sont âgées de 84 ans et 9 mois. Le temps de leur séjour va varier entre 6 mois et 44 mois pour un EHPAD privé lucratif (géré par une société commerciale), et entre 16 mois et 49 mois pour un EHPAD privé non lucratif (géré par une Fondation ou une Association). En moyenne, un patient reste 32 mois au sein d’un EHPAD. Pour 64 % des cas, la sortie d’un EHPAD est due au décès du patient. Dans les autres cas, soit les patients sont transférés en hôpital, soit ils sont pris en charge par leur famille pour finir leur vie chez eux.

Les difficultés auxquelles sont confrontés les établissements sont multiples. Ainsi, les décès soudains ou des phases terminales prolongées, alliés à des difficultés face aux réactions des familles, peuvent fragiliser le personnel médical. Il en résulte parfois des difficultés de prise en charge « normale » des résidents lorsque l’un d’entre eux est en train de mourir. Pour y répondre, quelques propositions ont été élaborées. Il s'agit notamment de la formation et de la planification des soins pour les  patients ayant un pronostic vital restreint, l'accompagnement du personnel pour le deuil de résidents parfois suivis depuis longtemps....

En EHPAD, 40% des résidents en fin de vie sont concernés par une décision de limitation ou d’arrêt des traitements dans les 15 derniers jours de leur vie.Les résidents en soins palliatifs doivent bénéficier d'une prise en charge adaptée, orientée vers leur mieux-être dans le respect de leur dignité. Un projet de vie personnalisé est ainsi mis en place dès l'arrivé du résident au sein de l'Ehpad. Dès lors, il convient de le suivre afin de respecter les habitudes de vie ainsi que les souhaits du résident. Il s'agit d'améliorer autant que faire se peut les conditions de vie au quotidien, en soulageant la douleur physique et en apportant un réel soutien psychologique. (Source: Recommandations de bonnes pratiques de soins en Ehpad).

Enfin, soulignons que près de 75% des résidents en fin de vie sont entourés par leurs proches.

Comme à domicile, la place de l’entourage est essentielle : l’établissement étant le lieu de vie de la personne, il est important que les proches puissent accompagner le résident tout au long de la fin de sa vie.

« Ce qui donne un sens à la vie donne un sens à la mort » Antoine de Saint-Exupéry